C'est quoi un WHOIS domaine ?
Le WHOIS domaine est une requête qui interroge les bases de données des registres de noms de domaine pour récupérer les informations d'enregistrement associées à un domaine. Tapez un nom de domaine, et l'outil contacte le registre compétent selon l'extension : Verisign pour les .com et .net, AFNIC pour les .fr, DENIC pour les .de, Nominet pour les .uk. Chaque extension a son propre registre, et c'est lui qui fait autorité sur les données.
Ce que vous obtenez en retour, c'est ce que le titulaire du domaine ou son registraire a déclaré au moment de l'enregistrement : identité du propriétaire si elle est publique, registraire utilisé, dates de création et d'expiration, serveurs DNS configurés. C'est la carte d'identité administrative d'un nom de domaine.
Quelles informations contient un enregistrement WHOIS domaine ?
Un enregistrement WHOIS domaine complet contient plusieurs blocs de données. Le bloc « registrant » concerne le titulaire du domaine, c'est lui qui en est légalement propriétaire. Le bloc « admin » désigne le contact administratif, souvent la même personne pour les particuliers. Le bloc « tech » est le contact technique, généralement le registraire ou l'hébergeur. Ces trois contacts peuvent avoir des coordonnées différentes ou identiques selon la configuration.
Les autres champs importants sont le registraire, c'est-à-dire la société auprès de laquelle le domaine a été acheté, les dates de création, de dernière mise à jour et d'expiration, les nameservers qui indiquent vers quelle infrastructure DNS le domaine pointe, et le statut du domaine. Ce statut mérite attention : « clientTransferProhibited » signifie que le transfert vers un autre registraire est bloqué, « pendingDelete » indique un domaine en cours de suppression qui va bientôt se libérer.
Pourquoi les informations WHOIS sont-elles souvent masquées ?
Depuis l'entrée en vigueur du RGPD en mai 2018, la plupart des registraires européens et beaucoup d'autres à l'international ont masqué les données personnelles des titulaires dans les résultats WHOIS publics. Avant, il était courant de voir le nom, l'adresse postale et le numéro de téléphone du propriétaire d'un domaine. Aujourd'hui, ces champs sont remplacés par des mentions génériques ou des adresses email relais.
C'est ce qu'on appelle le WHOIS Privacy ou WHOIS Guard. Certains registraires le proposent comme option payante, d'autres l'activent par défaut sur tous les domaines. Le domaine reste enregistré au nom d'une vraie personne ou société, mais cette information n'est plus accessible publiquement. En cas de litige ou de besoin légal, les données réelles restent accessibles via les canaux officiels, mais pas depuis un simple outil WHOIS public.
Comment utiliser le WHOIS pour vérifier un domaine avant de l'acheter ?
Le WHOIS est le premier réflexe à avoir avant d'acheter un domaine qui vous intéresse. S'il retourne « No match for domain », le domaine est disponible. S'il retourne un enregistrement, le domaine est pris, mais regardez la date d'expiration : si elle approche et que le domaine n'est pas renouvelé, il pourrait se libérer prochainement et vous pourriez le backordering.
Regardez aussi le statut du domaine. Un domaine avec le statut « redemptionPeriod » est en période de grâce après expiration, son ancien propriétaire peut encore le récupérer moyennant des frais, mais il est sur le point de tomber dans le domaine public. Un domaine en « pendingDelete » sera supprimé dans les cinq jours et tombera en drop, ce qui déclenche souvent une course entre les outils de backorder. Ces informations sont dans le WHOIS et nulle part ailleurs en temps réel.
WHOIS domaine vs WHOIS IP : quelles différences ?
Ce sont deux outils qui portent le même nom mais qui interrogent des bases de données complètement différentes. Le WHOIS domaine s'adresse aux registres de noms de domaine et aux registraires pour obtenir des informations sur l'enregistrement d'un nom de domaine. Le WHOIS IP s'adresse aux RIR, les registres internet régionaux comme RIPE NCC ou ARIN, pour savoir à qui appartient un bloc d'adresses IP.
Les informations retournées ne sont pas les mêmes non plus. Un WHOIS domaine vous donne le titulaire, le registraire, les dates d'expiration et les nameservers. Un WHOIS IP vous donne l'organisation ou l'opérateur responsable du bloc, le numéro ASN, la plage CIDR et les contacts abuse. Les deux peuvent se compléter : si vous voulez savoir qui est derrière un site, vous commencez par un WHOIS domaine pour identifier le titulaire et le registraire, puis un WHOIS IP sur l'adresse du serveur pour savoir chez quel hébergeur ou opérateur le site est hébergé. Ce sont deux angles d'investigation différents sur la même infrastructure.
Les limites du WHOIS domaine
La première limite, c'est le WHOIS Privacy. Avec la généralisation de la protection des données personnelles, les enregistrements WHOIS sont de moins en moins informatifs sur l'identité réelle du titulaire. Vous saurez souvent quel registraire gère le domaine et quand il expire, mais pas qui est derrière.
La deuxième limite concerne la fraîcheur des données. Les modifications d'un enregistrement peuvent prendre quelques heures à se propager dans les bases WHOIS publiques. Pour les nameservers en particulier, le WHOIS peut être en retard sur la réalité du DNS. Et certains registres ont des politiques de mise à jour moins strictes que d'autres. Enfin, le WHOIS ne vous dit rien sur le contenu du site, son hébergement réel ou la réputation de son propriétaire. C'est un outil administratif, pas un outil d'analyse de risque à lui seul.